Nouvelles Esprit Livre

Laisser couler l’encre pour survivre à la nuit

 

 

Le jour d’après…

Le jour d’après… c’est comme si, il n’y en avait plus.

Le jour d’après… c’est comme si, il n’y en aurait plus jamais.

Peut-être qu’aucun jour ne pourra survivre à cette nuit.

Entre hier et aujourd’hui… c’est comme si je n’avais pas su protéger mes songes, qu’ils étaient tous partis en éclats.

Depuis le 

                                                                         «Je suis. Tu es. Et nous serons.»

Il ne reste que le 

                          «Je vais survivre à travers ce que tu étais et ce que nous ne deviendrons plus jamais».

Il est 5 h, Paris va se réveiller, drapée de noir et de fumée grise.

 

Mais personne n’aura ma colère.

 

Ce matin, c’est l’écriture qui m’est apparue de façon brutale, douloureuse.

L’absence a pris possession de mon corps et le manque souffle parole à ma place.

Prostrée durant des heures, le vide, de ses dents acérées, s’est glissé dans chacun de mes organes.

La douleur, elle, s’injecte, en perfusion continue, dans toute ma chair.

Je commence à manquer d’air, mais reste insensible à tout.

                                                                 « Juste conduire ton esprit à l’abri ».

 

Car personne n’aura ma colère.

 

Seule ma main pour écrire va me maintenir encore en vie.

Écrire pour expulser l’ombre de la solitude qui m’habite désormais.

Ce matin, je me dis ;

                    «Comment les mots peuvent-ils être à la hauteur de la peine qui terrasse nos récents matins?»

                                   «Comment panser l’absence, suturer la peine, abolir l’horreur?»

Car, oui, c’est mon corps tout entier qui réclame l’état d’urgence, ordonne l’irrévocable clôture des débits d’Amours, des privations de vie.

 

Mais, non, personne n’aura ma colère.

 

Alors ce matin, l’écriture est devenue obsédante ; mon crayon, celui qui enlace encore ta main.

J’empile des brisures de lettres, ramasse des cassures de mots et collectionne des résidus de phrases.

Je les entasse tous un à un. Partout en moi.

Samedi 14 novembre, je cueille ces débris pour qu’ils me parlent encore de toi.

 

« Toi, mon intime innocence et notre belle époque. »

Consigne N°8 : Écriture automatique.

Credits : photo by pixel2013 on Pixabay 

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